dimanche 7 juillet 2019

KRANICULE 2


— Le protocole de Kyoto, c'est une vraie usine à gaz !
Ce n'est pas faute d'efforts, depuis la COP 21.
« Le progrès technique a entraîné une baisse du niveau d'émissions unitaires de CO2 de la production et de la consommation. Cependant, l'augmentation du niveau de la production et de la consommation a de façon générale compensé les effets de cette baisse. »
Enfonçons nous bien ça dans la tête.
C'est ce qu'on appelle l'"effet rebond" : l'utilisation plus efficace d'une énergie moins émettrice de CO2 a été annulée par l'explosion de la demande. Ainsi les ménages, responsables de 30 % des émissions, ont allongé leurs parcours en voiture et agrandi la surface de leurs logements. Et dans les branches de production, la croissance a laissé au même niveau des rejets que les progrès énergétiques auraient dû faire chuter d'un tiers.
(D'après Grégoire Allix, Le Monde, 13/08/10)
En bref, et suite à la COP 21, 22, 23, etc., les économies de CO2 (charbon, pétrole) effectuées d'ici 2050 seront largement compensées (décompensées, plutôt, ou décomposées) par les deux milliards d'habitants consommateurs de plus sur la planète d'ici là.
Pisser dans des violons serait tout aussi efficace, à part qu'on n'aura jamais assez de violons.

(A bas la croissance, donc ! et ne pas oublier en effet d'inclure dans les calculs des émissions d'un pays, la France, les émissions liées aux importations : par ex, les émissions des Chinois qui fabriquent nos écrans plats ou nos tee-shirts et celles des transports entre là-bas et ici. Ça change tout ! Le pétrole (ou le charbon) que nous ne brûlons pas ici, quelqu'un le brûle ailleurs pour nous, rien ne se perd rien ne se crée, la nature a horreur du vide et le CO2 ne s'arrête pas à la frontière. Quant au pétrole que nous brûlons ici, je me demande si les calculs d'émissions CO2 tiennent compte du coût carbone en amont, celui de l'extraction et du transport du pétrole en question. Vivement le retour à la bougie, tiens !)
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PRÉVISIONS INGRATES
L'incertitude des fourchettes de prévision (2° ou 6° ?) tient pour beaucoup à un paradoxe interne à la prévision. Je m'explique. L'incertitude dépend des mesures que l'on prendra ou non en réponse à ces prévisions. Les prévisions disent en fait :
– soit on ne prend aucune mesure spéciale, on continue comme avant, business as usual, et ce sera 6°, et toutes les conséquences qui vont avec : montée des eaux d'un mètre, etc.
– soit on prend telle ou telle mesure (limiter la quantité d'équivalent carbone dans l'atmosphère à 350 ppm dans les 10 ans qui viennent – par exemple) et à ce moment-là l'élévation de T° ne sera que de 2°, les mers ne monteront que de 30 cm…
Le rôle (ingrat) des prévisionnistes est de prévoir le pire (« si on ne fait rien…… ») pour entraîner une réaction salutaire (« on fait quelque chose ») qui permettra de faire mentir la prévision. Les prévisionnistes ne prennent pas un malin plaisir à faire peur : ils envisagent le pire pour qu'il n'ait pas lieu. C'est le paradoxe de l'oracle.
Mais les scientifiques se disent aussi que s'ils prévoient le pire et qu'il ne se produit pas, quelle confiance leur fera-t-on par la suite ? Il proposent donc plusieurs scénarios, de l'optimiste au pessimiste, émettent l'avis d'une probabilité plus ou moins forte pour l'un ou l'autre, ou pour le médian, assorti de "si…" (Si on continue pareil… Si on prend telle mesure…)
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