mardi 3 septembre 2019

André Gorz, père de l'écologie politique


Je n'ai jamais lu André Gorz, je crois, sinon quelques articles, sans doute, ou des articles à son propos.
Dans le Monde Diplo de ce septembre 2019, je lis un article qui revient sur quelques livres de André Gorz ou sur lui. Article intitulé "Dans la boîte à outils d'André Gorz" (et je me dis "Chic, des outils !")
Quelques extraits (je mélange les termes de l'auteur de l'article, ceux des commentateurs d'André Gorz qu'il cite et ceux d'André Gorz qu'il cite…)
« Il explique dans Penser l'avenir que la société de consommation engendre plus de besoins insatisfaits qu'elle n'en comble : « Nous vivons sous un régime où le but de toute activité est la création de choses échangeables et monnayables, et ce qui n'est pas monnayable n'a pas de statut dans l'économie capitaliste… » etc.
Je dis etc., parce que tout à coup je me sens pris d'allergie aux généralités abstraites, à la théorie et tout le théorisme.
« Société de consommation… création… choses… échangeables… monnayables…. statut… économie… capitalisme… Plus loin : Diktat du capitalisme… règne de la marchandise… protéger le temps libre et l'épanouissement au sein du vivant… équilibrer biosphère, écosystème et humanité… une pensée « de la liberté, de l'émancipation du sujet autonome et de la démocratie autogestionnaire »… Plus loin : écologisme… des fins sociales… marchandisation… monétarisation… utilitarisme… économisme… créer une société de sobriété extramarchande… utopie concrète… principes de l'écologie sociale… un nouvel horizon d'émancipation… l'écologie politique entre expertocratie et autolimitation…… » etc. encore !
Ce n'est pas que tout cela soit imbitable, c'est que ce n'est que du langage théorique, des principes, des concepts. Loin, très loin. Que du langage, même, des mots qui ne renvoient à rien de concret. Que peut faire de ça celui qui cultive des hectares de soja au glyphosate ou un potager de banlieue, le trader qui doute, celui qui achète sur Amazon, le gilet jaune du rond-point qui pleure la poste fermée, l'école fermée, la maternité à 50 km ? Que peut faire de ça l'urgentiste sursaturé ou le grand spécialiste et ses dépassements d'honoraires autorisés ? Et l'homme politique, du ministre au député et jusqu'au maire qui devient un héros (ou un paria) parce qu'il interdit le Round-up dans sa commune maintenant sans attendre une loi européenne. (Mettez au féminin tous ces termes autant que vous voulez.)
Je ne peux plus entendre "consommateur" ou "société de consommation", je ne peux plus entendre "capitalisme", je ne peux plus entendre "liberté, utopie, chose, économisme", ni "penseur ou père de l'écologisme politique"… Tout ça, cette manière de penser, est obsolète et a fait les preuves de son impuissance à changer le monde. (D'ailleurs je ne peux plus entendre non plus l'expression "changer le monde".)
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Peut-être que nous sommes embarqués dans une hallucination collective.
Plusieurs, même, combinées, enchâssées les unes dans les autres, toutes définies par des substantifs, des concepts, des idées platoniciennes.
Modernité, capitalisme, humanisme, démocratie, progrès… transhumanisme… tout ça qui a émergé de la matrice de Platon et de la bible.

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