dimanche 6 octobre 2019

Arrêtez les bébés !


Ça s'est passé le temps de ma vie : 1941 : 2,3 milliards. 2019 : 7,5 milliards.
Population mondiale plus que triplée en 77 ans.
Le principal problème du monde, celui dont découlent tous les autres, c'est la surpopulation ("on" ne veut pas le savoir, mais au fond "on" le sait). Le monde est trop plein de monde. En conséquence voici ma proposition. Un nouveau parti politique : Le DECPOP. Son programme : supprimer plein de gens.
Il y en a qui disent : « C'est pas la peine, y a qu'à attendre », MAIS faudrait quand même y mettre un peu plus de bonne volonté. Donner un coup de pouce. Les tsunami, les grippes aviaires, les sida, les guerres dissymétriques, c'est nul.
« Nous on veut pas d'enfants, mais les nôtres feront ce qu'ils voudront. »
— Alors on ne peut plus jouir tranquillement de l'appel de nos hormones, de la voix de la Loi Naturelle qui nous dit "faites des enfants" ?!
— Et bien non, on peut plus. Je dirais même "on n'a plus le droit". Au nom de la qualité de vie et même de la possibilité de vie de nos descendants, au nom de la survie de l'espèce.
— Mais, si on fait plus de bébés, y aura PAS de descendants, y aura plus d'espèce !
— Si, parce que le "ON" qui ne ferait plus de bébés n'est pas, ne sera jamais généralisé à toute la Terre. Il y aurait donc seulement MOINS de descendants – et heureusement pour eux. Nos descendants ne vivront mieux (ou simplement ne vivront) que s'ils sont moins nombreux. Mieux vaut un milliard de Terriens heureux que huit milliards de crève-la-faim.
En fait, quant au droit des pays pauvres à se développer (cf article précédent)… ou au droit de tout un chacun à faire des enfants (couples, célibataires, homo, hétéros, trans… j'en oublie ?)… on peut poser la question comme suit :
— Au nom de la Justice humaine et politique (expression qui, en partie, cache la culpabilité post-coloniale), est-on prêt à sacrifier l'espèce humaine ?
OU :
— Au nom de la survie de l'espèce humaine, est-on prêt à sacrifier la Justice ?
Pour moi, le choix 2 est évident. La justice est une idée, un idéal, une abstraction. L'espèce est une réalité.
La justice est une invention humaine. Si l'espèce disparaît, la justice disparaît avec elle. Si l'espèce persiste, même au prix du sacrifice (temporaire) de la justice, il reste des chances qu'on puisse un jour rebricoler une justice. Sinon, le néant : ni espèce, ni justice.
C'est horrible, ce que je dis ?
Bien sûr, c'est horrible. Mais il faut sans doute maintenant poser les questions comme ça – c'est nouveau dans l'histoire du monde. Situation extrême, nouvelle, unique. Dans des conditions plus locales en temps et espace (je pense à l'époque de la résistance, en France, je pense aux propos de Camus sur le terrorisme…), quand il s'agit de sacrifier ou non un membre d'un groupe au nom de la justice, ou au nom de la survie du groupe entier, le problème se pose différemment : hors de ce groupe, il reste d'autres groupes, et quelque part ou demain, encore de la justice possible, encore de la survie possible.
Là, ici, maintenant, non.
(Et tout ça sans parler GPA ou PMA qui ne me dérangent pas spécialement sur le plan moral ou philosophique mais qui font partie des aberrations natalistes d'un monde surpeuplé…)
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3 commentaires:

  1. Tu oublies un minuscule détail, les ultra-riches qui, bien qu' ils représentent 0,01% de la population, sont responsables de 99,99% des destructions soit directement, soit par leurs imitateurs. Sans les destructions et gaspillages liés à la compétition entre eux, non seulement 10 milliards de personnes pourraient partager la planète sans la détruire. Et le retour au malthusianisme n'est qu'une façon de prétendre culpabiliser les autres, les "trop nombreux".

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  2. Tuer ces individus ne ferait que laisser des places vacantes, à moins de tuer un président par jour pendant 6 mois comme disait Léo. C'est la possibilité même des ultra-riches qu'il faut neutraliser. Pour cela, je propose de virtualiser leur besoin, c'est à dire de produire une suite d'intermédiaires humains et logiciels qui leur fourniront les expériences sur un terrain perçu comme réél mais en fait factice. Quiconque voudra s'élever aux sommets de puissance devra recourrir à ces interfaces et serviteurs pour mesurer et agir sur le réel, et plus il voudra aller loin, plus il s'enfoncera dans l'intermédiation qui se substituerq au réel en devenant "le milieu".

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