vendredi 10 avril 2020

Vrac de virus en garde à vue.


Conarovirus : invasion ou génération spontanée ? Nous sommes tous porteurs d'un tas de microbes. De temps en temps, ça mute. Un potentiel qui se réalise en nous. Mais nous préférons toujours le fantasme paranoïaque d'invasion venue d'ailleurs, de Chine de préférence (vous savez comme ils sont…) et la Grande Muraille n'a pas arrêté l'ennemi.
— Patron, une Corona ! (Soigner le mal par le mal)
Le jour où la Terre s'arrêta. Quatorzaine, qu'ils disaient… Blague de premier avril ! Vraie quarantaine, en fait : 40 jours et 40 nuits, comme le déluge, et nous enfermés dans l'arche (qui n'est pas un bateau mais un coffre, une boîte de Pandore) pleine d'animaux comme un marché humide chinois, lieu de macération, bouillon de culture en plein air.
Les marchés financiers, eux,  sont des virus parasites de l'économie, c'est-à-dire de la vie de tout de monde. Ils sont en baisse, tant mieux. S'ils meurent, plus de dettes. Plus d'emprunt possible. Les États devront reprendre la main : produire leur monnaie, comme des États de droit responsables.
Antonio Fischetti : « Rassurez-vous, le but d'un virus n'est jamais d'éradiquer totalement son hôte. Sinon il finit par mourir lui aussi. Évidemment, il ne se dit pas : « Tiens, il serait temps de devenir moins virulent pour préserver mon garde-manger. » Non, c'est une question d'adaptation darwinienne entre un prédateur (le virus) et une proie (nous) : les souches les plus virulentes de cette saloperie périssent en même temps que leurs hôtes, et seules subsistent les moins meurtrières, qui savent ménager leur fonds de commerce. » Il cite aussi  deux chercheurs du CNRS : « toutes les relations entre parasitaires et humains ont tendance à évoluer vers une situation où tout le monde est gagnant. » (Charlie Hebdo n° 1443 / 18 mars 2020)
Le contraire des prédateurs financiers humains, donc, (dits "capitalistes") dont surnagent toujours les plus virulents qui se moquent éperdument de la mort de leurs proies : il y en a beaucoup beaucoup, il y en aura toujours.
Exemple chez Amazon : « Plutôt que de mener une enquête dans l'entrepôt, l'entreprise a recruté d'autres intérimaires pour remplacer les malades. Certains n'ont pu travailler que quelques jours car, sitôt entrés, ils ont à leur tour développé les symptômes. » (Syndicaliste cité par J. B. Malet, "Derrière les murs de l'usine à colis", Le Monde Diplomatique d'avril 2020.)
Pèlerinages à Lourdes annulés. Pourtant ce serait le moment. Mais trop de risques. Lourdes, c'est comme le suicide : y a trop de risques (y compris celui de se rater).
Au XVIIe siècle, pendant la peste, on forçait les enfants à fumer en classe, pour les préserver de la contagion. Si ça se trouve, ça marche. (Ah mais non, il paraît que le tabac est un facteur aggravant. Problème : les gens enfermés qui s'ennuient fument davantage…)
Les vaches s'ennuient dans leur pré : manque de trains. (Ah bon ? Y a encore des vaches au pré ?)
Les brebis voisines râlent, consignées dans leur enclos.
Sans abris, rentrez chez vous !
Ceux qui ne sont rien. Les paysans, les éboueurs, les nettoyeurs des villes, les chauffeurs de poids-lourds, les facteurs, les caissières, etc. Ils sont sur le pont au même titre que les soignants. Que ferait-on sans eux ?
Le virus n'aime pas la chaleur, paraît-il. Oui, mais quelque chose comme > 55° C. Il va nous falloir une super canicule.
Une crise de ce genre, comme une guerre ou une série d'attentats, ou un tsunami de force 11 septembre, c'est l'occasion pour un Président d'acquérir sa stature présidentielle. Qu'il en profite, ça ne durera pas.
Vu un docu sur Art Spiegelman. Son livre sur le 11 septembre, il l'avait sorti au format album pour enfants – pour que George Bush puisse le lire.
Rituels apotropaïques (de protection magique) :
Parlez dans l'hygiaphone. Comme au confessionnal.
Mouchez vous dans votre coude. Utilisez des coudes à usage unique puis jetez les. (Attention de ne pas avoir un bébé dans les bras à ce moment-là, il vous faudrait le jeter aussi.)
« Sa tête fait trois tours sur ses épaules et crache un long jet de pus verdâtre, puis elle s'essuie la bouche du coude, ce qui est en principe impossible pour tout terrien normalement constitué. Mais si elle a la tête réversible, le coude peut bien en faire autant. » (Extrait de "L'Exorciste".)
20 h. Vuvuzella au balcon. Pour applaudir le personnel soignant. Comme un match de foot.
Micro-trottoir. Trois interviewés successif, sans masques, avec le même micro emballé dans sa mousse éponge jaune… Espérons que cette mousse n'éternue pas à la face du suivant (un micro n'a pas de coude).
Je regarde un film. Mais… ces gens se prennent dans les bras, se touchent, s'embrassent ! Sans même un masque pasteurisé ! Arrêtez les !
Attestation de déplacement dérogatoire. Et pourquoi pas un badge comme… euh… une étoile jaune par exemple ? (Mauvais esprit.)
Je sors marcher et cracher dans la nature. Chaque jour je surveille la croissance des feuilles de quelques figuiers sauvages que j'ai vues naître. Aujourd'hui 5 cm hors tout.
(Mais arrivent les fraises et les asperges en direct du producteur voisin…)

"Vaccination". Extrait de "Contes à vomir debout", Gudule et Caza, ArmadA éditeur



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