mardi 16 février 2021

En attendant la troisième vague (7)

  Rentrer ?

— Toc, toc ! C’est la pizza !

— Glissez-la sous la porte.

« On ne peut pas consommer grand chose si on reste tranquillement assis à lire des livres. » (Aldous Huxley. Le Meilleur des mondes.)

Quand je me fais l’effet d’être un tracteur de Tchernobyl confiné sous sa chape de plomb-béton-acier, que faire d'autre que lire des livres ?

Relire Le Mur invisible de Marlen Haushofer, ou revoir le (bon) film qui en a été tiré (Julian Pölsler, 2012).

Lu une page d'Ulysse de Joyce (pas plus d'une à la fois). « Elle frottait rapidement sa glace à main sur sa camisole de laine contre ses nénés généreux qui ballottaient. » (James Joyce, Ulysse, Folio, p 144)

Reçu un bouquin de 50 ans d'âge – pas coupé. Donc lu par personne avant moi. Je n'avais pas vu ça depuis longtemps. Question : dois-je le déflorer ? J'ai un coupe-papier (un poignard touareg en miniature). N'est-ce pas une violence ? Un viol ? Mais non, les livres sont faits pour être lus. Plusieurs fois, même, si on veut : contrairement aux bouteilles, ils ne sont jamais vidés. (Les marchands de livres numériques aimeraient bien qu’ils s’effacent au fur et à mesure de la lecture, afin qu’on ne puisse pas les partager entre amis gratuitement.) Question subsidiaire : est-ce que je coupe au fur et à mesure de ma lecture ou bien tout à l'avance, histoire de pouvoir lire ensuite sans interruption ? Je choisis une voie médiane : je coupe un chapitre à la fois. (Le livre était La Résidence de Psycartown de Louis Thirion (Eric Losfeld, 1968). Ça délire vainement.)

Relu Lino Aldani 37° centigrades, histoire de pas me dépayser : une dystopie d’une société de surveillance médicale obsessionnelle. Drôle et terrible. (Le Passager clandestin.)

Je relis Ray Bradbury Les Pommes d’or du soleil, avec la nouvelle Le Promeneur : le type est le seul de toute la ville à se promener dehors, la nuit. Il finit au poste, bien sûr, si ce n’est en hôpital psychiatrique. Et aussi la nouvelle Le Criminel : le type détruit tous les appareils de communication (ça date des années 50, pas d’internet ni de smartofone, mais des équivalents anticipés). Il finit au poste, bien sûr, si ce n’est en hôpital psy.

« La Troisième Guerre Mondiale avait été une tragédie épouvantable en ce sens qu'elle avait détruit des quantités fantastiques de tout sauf d'êtres humains. » (Robert Sheckley et Harlan Ellison Je vois un homme assis dans un fauteuil et le fauteuil lui mord la jambe,  Fiction n° 175, p 14. 1968.)

 
 




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